Tu sais, mon coeur, la vie ici n'est pas toute rose. La journée, ça va. On fait aller par divers moyens dont le premier est le boulot. En revanche, la nuit...
Tu sais, ce soir c'était son anniversaire. J'ai eu si mal de les voir tous enlacés. J'ai cru m'arracher les tripes, le coeur et les yeux de tant de manque et de douleur. Mais rien de tout ça, tu sais, tout le monde dit que ça va passer...
Ca ne peut être que vrai en fin de compte.
J'aurais donné si cher pour t'avoir à mes côtés, pour être dans tes bras. Tu sais, après dix heures du soir c'est très dur de t'oublier. C'est même impossible. T'es dans ma peau.
Juste dans tes bras, une dernière fois. Et t'embrasser. Pouvoir oublier ces regards qui ne pesaient pas lorsque tu étais là.
Je me mords au sang pour ne pas crier, pour ne pas pleurer. J'etouffe de mes deux mains les pleurs que je n'ai pu retenir. Et j'ai mal, j'ai si mal de toi.
Dans un silence radio imposé, tu m'as demandé de me tenir la tête hors de l'eau, pour ne pas te noyer. Pour ne pas nous noyer ? Mes lèvres sont sèches et mon visage me brûle. Mais pour toi, je ne bouge pas. Pour moi, on me dit.
Pour moi... Foutaises. Tous les soirs, tous les soirs, si ça ne tenait qu'à moi je t'appellerais. Je te demanderais de revenir, de me prendre dans tes bras, de m'embrasser. Je pourrais te demander à genou de pardonner et d'oublier ces fautes que je ne vois pas... Qui n'existent pas. De revenir, une fois. Une dernière fois ?
J'ai mal, si mal, tellement mal... Je n'en dors pas.
Par promesse et par résignation, je suis enfermée dans les ombres de mon silence, et tes démons m'apparaissent. Je ne pleure plus, tu sais ? Le vide, ça ne pleure pas. Ca n'appelle pas. Et ça ne dort pas. Ca attend.
J'attend.
J'attend de t'oublier.
Mais putain, c'qu'tu m'manques...