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Deuxième morceau, quand la haine l'emporte par violence sur la douleur.

Ta voix est si froide. Si distante. Si loin.

J'aurais tant aimé que tu comprennes... Tu t'es toujours donné tant de mal pour ces autres qui n'en valait pas la peine, et aujourd'hui que je suis ces autres, je ne trouve aucune excuse à tes yeux. Moi qui ai tant fait pour toi.

J'ai si mal de ce que j'ai fait, si mal de la peine que je me suis donnée. On m'avait dit, les hommes sont tous pareils, y'a plusieurs Dieux mais y'a qu'un seul Soleil... Tu n'es qu'un homme, c'est ça ? C'est l'excuse des possibles : je fais ce que je peux.

Non, tu fais ce que tu veux.

Plus j'avance dans la vie, et plus je me sens femme, alors que je voulais être homme.

Les hommes disent qu'ils ne veulent que ton bonheur, même si ça doit leur faire de la peine. Les femmes, elles, ne promettent rien. Elles croient qu'elles n'auraient jamais la patience et admire le sexe « fort » pour son désintérêt, presque, presque total.

Quand est venu l'heure, je me croyais homme, tu te croyais femme. Déjà, mon silence laissait place à tes désirs de bonheur pour moi. Et maintenant que sonne le dernier coup, je suis seule et je me retourne. Au loin, de loin, je sais que je suis une femme.

Les hommes, s'ils souffrent, ne peuvent que t'abandonner et te dire « J'ai fait ce que j'ai pu »... Les femmes, elles, se tuent à sauver celui qu'elles aiment, au risque de ne pas s'en sortir personnellement.

J'ai toujours été machiste, et aujourd'hui, j'aimerais pouvoir le revendiquer plus fort ! Je veux être lâche et victime, admiré et bourreau, sauvé et assassin.

Je veux être un homme.

Je veux être capable d'être l'étranger que tu me dictes. De te dire que je suis meilleur. De te dire que j'ai mal et qu'il fait beau ici. De te dire que c'est toi le fautif, que fallait pas essayer de me sauver, que maintenant je ne peux plus t'aider parce que je souffre terriblement d'être si bien, que je ne peux plus t'appeler parce que c'est si dur. Et puis je te balancerais des excuses bidons que je démentirais cinq minutes après sans honte, mais avec conviction. Et peut-être qu'ensuite quand je verrais que tu t'effondres, je penserais « et voilà ça recommence » et je me dirais que c'est pas de ma faute, que c'est toujours toi qui cherches à me faire culpabiliser. Et quand je raccrocherais, je t'enverrais de quoi te faire comprendre que tu mérites tout ça, qu'en fin de compte c'est toi qui a commencé.

Et puis tu comprendras qu'après tout, c'est pas si dur d'être sans toi.

Je veux être un homme...

Et si jamais je réussis, je te ferais devenir femme.
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# Posté le vendredi 14 septembre 2007 15:59

Modifié le vendredi 14 septembre 2007 16:44

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