J'avais envie qu'on me lise. Juste besoin qu'on me lise, que ces sentiments soient mis à nus. Ne vous sentez pas obligez de répondre, ne vous sentez pas coupables. Personne, ici, ne vous juge.
C'est une très belle, peut-être dure, mais très belle histoire que la nôtre. Il était si beau lui aussi, pas qu'en dehors pourtant...
On dit que les belles histoires ont une fin, je n'y ai jamais cru.
Mais me voilà au pied du mur. Toute cette souffrance en moi, en toi, en Nous. Ta voix, si dure depuis trop longtemps à présent, si dure... Si loin.
« Tu me manques, tu sais... »
Il fait si beau là-bas.
Ici, les nuits sont si courtes. Je ne dors plus. Je ne dors pas. Toute cette souffrance qui suinte de toutes les pores de mon être, cette liqueur acide de détresse qui coule sur ma peau fanée... Je voudrais me l'arracher, cette épiderme qui ne sait que te désirer, je voudrais m'écorcher.
Voir ce sang qui s'enfuirait comme la vie a déserté mon coeur. Mon coeur qui palpite toujours.
Il fait si beau là-bas, ta voix me l'a dit. Il fait si beau loin de moi. Déjà, je suis une inconnue, une ennemie, une ombre. Déjà, tu me l'a dit, tu es meilleur que moi, plus courageux, peut-être... Déjà... Tu m'accuses...
La faille, le gouffre ne nous a rien apprit. Je n'ose dire « ne t'a rien apprit », ce serait... Faux. Oui, faux à ce que tu me dis.
« « Tes mots sont aussi blessant que les miens... » »
A croire que je suis aveugle, aveugle depuis trop longtemps. Plus de retour, mon coeur, plus de retour possible. Nous somme malades.
Je ne dors pas, je ne peux plus, j'ai mal, mal ! Si mal... Rien ne s'arrête ! Tout coule dans mes veines et m'empoisonne, tout coule sur ma peau, sur mon âme, sur mes yeux ! Ca brûle, ça brûle, mais rien ne s'arrête, il n'y a jamais de fin... Aide moi, aime moi !
Il fait si beau chez toi.
Il me semblait guérir. Il me semblait que le poison s'était dilué. J'étais si calme ce soir, si triste, si mal, si vulnérable ! J'étais tellement sûre de faire la bonne décision... Mais ta voix me déchirait, ouvrait ses veines noircies par le venin, et ça coule... Ca brûle. Je crois que je me consume encore plus. N'as tu donc rien apprit de cette douleur qui te tors le ventre ?
As-tu simplement compris que c'était mieux ainsi ?
Noir, noir. Une tache de lumière, une tache d'ombre. Un monstre. Et j'ai peur. J'ai peur de toi à présent. L'odeur panique de l'angoisse m'a envahi, je sombre, et rien ne me retient. Les ongles sont déjà en sang de trop de combat contre toi, contre... Moi. Et rien ne me rattrape, il fait si noir en bas, je ne veux pas !
J'ai toujours eu peur pour toi, jamais pour moi. Et voilà que c'est moi qui reste à terre. Je n'ai plus peur pour toi maintenant, j'ai peur de toi. Je regarde, effacée dans un miroir, celle qui existait tant à tes coté. Qu'est elle à présent ?...
Une si pauvre étrangère, une si pâle prisonnière. Pourquoi est ce moi qui Nous ai traîné jusque là ? Je t'ai sauvé, encore une fois. Une fois de trop, je n'ai pas la forcé de me relever. J'ai fait l'erreur de ne jamais t'abandonner, et tu le sais.
J'ai toujours étais là lorsque ça n'allait pas, toujours. Lorsque tu es parti, j'ai voulu t'aider, c'est toi qui pleurait. Lorsque tu as sombré. Quand ça n'allait pas. Toujours.
Je n'ai pas eu le courage de me sauver. Ou je l'ai eu trop tard. Il y a deux mois de trop. Maintenant, ce n'était pas le moment.
Il fait si beau chez toi. Tu es fatigué, tu travailles, et c'est plus dur qu'ici. Pourtant...
« « Je m'éclate, j'adore ce que je fais, je bosse même en mangeant, mais c'est trop bon ! » »
Ah, oui... Il fait si beau chez toi. J'ai été forte, Michaël, j'ai été si forte pour toi quand tu ne te relevais pas...
Où es-tu à présent ?