Le commencement d'un noir.

Il y a des soirs où je me suis sentie trop seule, trop seule pour continuer à me taire.

Alors j'ai écrit. Et j'ai posté, là ou cela n'avait pas sa place.

Pourtant, il fallait que ce soit public, même si jamais personne ne verrait rien. Une impression d'être à livre ouvert. Un livre ouvert dont l'écriture n'a rien à voir avec la couverture.

Voilà, mes amis, mes chers inconnus.


Voilà ce que vous ne verrez pas.
# Posté le vendredi 14 septembre 2007 15:56
Modifié le vendredi 14 septembre 2007 16:45

Premier morceau, écrit il y a bien une semaine ou deux.

J'avais envie qu'on me lise. Juste besoin qu'on me lise, que ces sentiments soient mis à nus. Ne vous sentez pas obligez de répondre, ne vous sentez pas coupables. Personne, ici, ne vous juge.

C'est une très belle, peut-être dure, mais très belle histoire que la nôtre. Il était si beau lui aussi, pas qu'en dehors pourtant...

On dit que les belles histoires ont une fin, je n'y ai jamais cru.

Mais me voilà au pied du mur. Toute cette souffrance en moi, en toi, en Nous. Ta voix, si dure depuis trop longtemps à présent, si dure... Si loin.

« Tu me manques, tu sais... »

Il fait si beau là-bas.

Ici, les nuits sont si courtes. Je ne dors plus. Je ne dors pas. Toute cette souffrance qui suinte de toutes les pores de mon être, cette liqueur acide de détresse qui coule sur ma peau fanée... Je voudrais me l'arracher, cette épiderme qui ne sait que te désirer, je voudrais m'écorcher.

Voir ce sang qui s'enfuirait comme la vie a déserté mon coeur. Mon coeur qui palpite toujours.

Il fait si beau là-bas, ta voix me l'a dit. Il fait si beau loin de moi. Déjà, je suis une inconnue, une ennemie, une ombre. Déjà, tu me l'a dit, tu es meilleur que moi, plus courageux, peut-être... Déjà... Tu m'accuses...

La faille, le gouffre ne nous a rien apprit. Je n'ose dire « ne t'a rien apprit », ce serait... Faux. Oui, faux à ce que tu me dis.

« « Tes mots sont aussi blessant que les miens... » »

A croire que je suis aveugle, aveugle depuis trop longtemps. Plus de retour, mon coeur, plus de retour possible. Nous somme malades.

Je ne dors pas, je ne peux plus, j'ai mal, mal ! Si mal... Rien ne s'arrête ! Tout coule dans mes veines et m'empoisonne, tout coule sur ma peau, sur mon âme, sur mes yeux ! Ca brûle, ça brûle, mais rien ne s'arrête, il n'y a jamais de fin... Aide moi, aime moi !

Il fait si beau chez toi.

Il me semblait guérir. Il me semblait que le poison s'était dilué. J'étais si calme ce soir, si triste, si mal, si vulnérable ! J'étais tellement sûre de faire la bonne décision... Mais ta voix me déchirait, ouvrait ses veines noircies par le venin, et ça coule... Ca brûle. Je crois que je me consume encore plus. N'as tu donc rien apprit de cette douleur qui te tors le ventre ?

As-tu simplement compris que c'était mieux ainsi ?

Noir, noir. Une tache de lumière, une tache d'ombre. Un monstre. Et j'ai peur. J'ai peur de toi à présent. L'odeur panique de l'angoisse m'a envahi, je sombre, et rien ne me retient. Les ongles sont déjà en sang de trop de combat contre toi, contre... Moi. Et rien ne me rattrape, il fait si noir en bas, je ne veux pas !

J'ai toujours eu peur pour toi, jamais pour moi. Et voilà que c'est moi qui reste à terre. Je n'ai plus peur pour toi maintenant, j'ai peur de toi. Je regarde, effacée dans un miroir, celle qui existait tant à tes coté. Qu'est elle à présent ?...

Une si pauvre étrangère, une si pâle prisonnière. Pourquoi est ce moi qui Nous ai traîné jusque là ? Je t'ai sauvé, encore une fois. Une fois de trop, je n'ai pas la forcé de me relever. J'ai fait l'erreur de ne jamais t'abandonner, et tu le sais.

J'ai toujours étais là lorsque ça n'allait pas, toujours. Lorsque tu es parti, j'ai voulu t'aider, c'est toi qui pleurait. Lorsque tu as sombré. Quand ça n'allait pas. Toujours.

Je n'ai pas eu le courage de me sauver. Ou je l'ai eu trop tard. Il y a deux mois de trop. Maintenant, ce n'était pas le moment.

Il fait si beau chez toi. Tu es fatigué, tu travailles, et c'est plus dur qu'ici. Pourtant...

« « Je m'éclate, j'adore ce que je fais, je bosse même en mangeant, mais c'est trop bon ! » »

Ah, oui... Il fait si beau chez toi. J'ai été forte, Michaël, j'ai été si forte pour toi quand tu ne te relevais pas...

Où es-tu à présent ?
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# Posté le vendredi 14 septembre 2007 15:58
Modifié le jeudi 20 septembre 2007 17:36

Deuxième morceau, quand la haine l'emporte par violence sur la douleur.

Ta voix est si froide. Si distante. Si loin.

J'aurais tant aimé que tu comprennes... Tu t'es toujours donné tant de mal pour ces autres qui n'en valait pas la peine, et aujourd'hui que je suis ces autres, je ne trouve aucune excuse à tes yeux. Moi qui ai tant fait pour toi.

J'ai si mal de ce que j'ai fait, si mal de la peine que je me suis donnée. On m'avait dit, les hommes sont tous pareils, y'a plusieurs Dieux mais y'a qu'un seul Soleil... Tu n'es qu'un homme, c'est ça ? C'est l'excuse des possibles : je fais ce que je peux.

Non, tu fais ce que tu veux.

Plus j'avance dans la vie, et plus je me sens femme, alors que je voulais être homme.

Les hommes disent qu'ils ne veulent que ton bonheur, même si ça doit leur faire de la peine. Les femmes, elles, ne promettent rien. Elles croient qu'elles n'auraient jamais la patience et admire le sexe « fort » pour son désintérêt, presque, presque total.

Quand est venu l'heure, je me croyais homme, tu te croyais femme. Déjà, mon silence laissait place à tes désirs de bonheur pour moi. Et maintenant que sonne le dernier coup, je suis seule et je me retourne. Au loin, de loin, je sais que je suis une femme.

Les hommes, s'ils souffrent, ne peuvent que t'abandonner et te dire « J'ai fait ce que j'ai pu »... Les femmes, elles, se tuent à sauver celui qu'elles aiment, au risque de ne pas s'en sortir personnellement.

J'ai toujours été machiste, et aujourd'hui, j'aimerais pouvoir le revendiquer plus fort ! Je veux être lâche et victime, admiré et bourreau, sauvé et assassin.

Je veux être un homme.

Je veux être capable d'être l'étranger que tu me dictes. De te dire que je suis meilleur. De te dire que j'ai mal et qu'il fait beau ici. De te dire que c'est toi le fautif, que fallait pas essayer de me sauver, que maintenant je ne peux plus t'aider parce que je souffre terriblement d'être si bien, que je ne peux plus t'appeler parce que c'est si dur. Et puis je te balancerais des excuses bidons que je démentirais cinq minutes après sans honte, mais avec conviction. Et peut-être qu'ensuite quand je verrais que tu t'effondres, je penserais « et voilà ça recommence » et je me dirais que c'est pas de ma faute, que c'est toujours toi qui cherches à me faire culpabiliser. Et quand je raccrocherais, je t'enverrais de quoi te faire comprendre que tu mérites tout ça, qu'en fin de compte c'est toi qui a commencé.

Et puis tu comprendras qu'après tout, c'est pas si dur d'être sans toi.

Je veux être un homme...

Et si jamais je réussis, je te ferais devenir femme.
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# Posté le vendredi 14 septembre 2007 15:59
Modifié le vendredi 14 septembre 2007 16:44

Il y a une semaine... Despair...

Mes messages sont des messages de haine. De douleur et de souffrance. Comment pourrais-je encore rester calme face à un mur borné d'indifférence et de culpabilisation ?...

Je croyais tant que j'allais vite m'en sortir, que t'allais sortir de ma tête aussi vite qu'avant que je ne parte. Je me suis trompé...

Mes idées noires tournent et retournent au fond de ma tête, et au fond de mon ventre, mes tripes se tordent de ton absence. L'absence de ce que tu as été. C'est comme si t'étais mort il y a quelques mois. Je ne te reconnais plus. Plus le temps avance et moins l'intonation de ta voix m'est familière...

Je suis tellement, tellement écoeurée de toi... Tellement déçue de ce que tu es devenu. Tellement blessée de ce que tu ne vois plus.

On a si souvent critiqué ta mère en rigolant, parfois amèrement, de sa manie à faire culpabiliser les autres notamment toi, sans jamais tenter de se remettre en cause. Sans jamais détourner le regard de ses convictions... Michaël... Regarde toi...

Je deviens folle de ne pouvoir te faire comprendre ta bêtise ! Je deviens folle chaque soir un peu plus de tourner dans le noir des idées que tu n'entendais pas, que tu n'entends pas, et que tu n'entendras plus ! J'aimerais te frapper, te rouer de coups, de griffer jusqu'au sang pour enlever ces convictions qui ne s'ébranlent pas... J'aimerais, de mes larmes ou de mon sang, t'ouvrir les yeux, j'aimerais que ça recommence comme avant !!!

Mais quoi que je dise, quoi que je fasse, tu finis toujours par me faire culpabiliser de manière de plus en plus subtile et pernicieuse... Michaël... Je t'en prie, regarde toi ! Tu vois bien que c'est toi qui a changé...

De nous deux, et à tes yeux, c'est trop souvent toi qui a le plus mal des deux, qui est le plus à plaindre, qui bosse le plus, et j'en passe... Mais quelle importance, mon coeur, quelle importance ?

Pourquoi, pourquoi veux tu toujours que l'attention tourne autour de ton malheur, pourquoi ? Pourquoi es tu tombé dans le piège, mon coeur...

Je te l'avais dit, souviens toi... La souffrance attire les Hommes pour la consistance qu'elle apporte à un être humain. Te souviens tu ?

Pourquoi te sens tu vide ainsi ? Pourquoi ce besoin d'être mal à mes yeux ? Que se passe t'il avec moi ? Car c'est bien qu'avec moi que cela le fait... Pourquoi ? Pourquoi ?!

Pourquoi t'as pas ouvert les yeux à temps, pourquoi tu ne les ouvres toujours pas !...

Je croyais tellement que me « perdre » te calmerais, je pensais que t'allais retrouver le morceaux d'âme qui s'était envolé, comprendre, au moins, qu'il n'était plus là... Je croyais avoir tout à gagner...

J'ai tout, tout perdu...

...

... J'ai mal, j'ai si mal de toi. Je tourne en rond dans ma tête, dans mon corps, dans mon âme. Je tourne en rond et ne te trouve pas. Dans quelle dimension irréelle de ton esprit instable t'es tu perdu ? Existe-il ce chemin du retour ? Est ce ça le nouveau toi ? Je T'aimais tant, je T'aime tant... Je T'aime, mais ce n'est plus toi...

Je t'ai perdu tout court. Comment espérer retrouver ce qui n'est plus ? Plus rien n'est de mon ressort, la balle dans ton camp. Et je n'ai qu'à attendre un improbable retour, qui n'est pas physique mais psychologique.

Ce n'est pas de l'épuisement que tu as, Michaël. Ce n'est pas de l'épuisement... Et c'est ce qui me fait peur... Tu ne reviendras pas, parce que tu n'existes plus, toi Michaël, l'homme que j'aimais, que j'aime.

Il ne me reste que celui que je hais pour t'avoir remplacé...
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# Posté le vendredi 14 septembre 2007 16:02
Modifié le jeudi 20 septembre 2007 17:40

Dix Septembre.

Je suis à deux doigt de te détester et à deux pas de te faire souffrir de raison. C'est triste d'aimer ainsi une personne...

Voilà la première phrase qu'il m'est venue...

Il y a de la torture mentale qui s'apparente à de la physique. C'est fou ce que la tête peut infliger mécaniquement et passionnellement. A tous degrés. A tous niveaux.

A mon degrés, à mon niveau.

A ton niveau.

Des billes de poisons roulent sous ma peau, se crèvent sous mes doigts. J'ai tant de mal à oublier ta voix. Elle était si dure, si pleine de ce poison qui fuit dans mes veines...

J'ai tant de mal à arracher cette peau empreinte de toi, marqué au fer et à l'acide par toi.

Un peu de temps. Beaucoup de temps. Mais là, dans le noir de ton absence, les minutes s'égrènent comme des heures, et les secondes ne défilent plus vraiment... L'air est lourd et empêche toute chose de bouger, toute chose de se reposer. Je suis cette Ombre perdue dans la brume qui tourne et retourne dans les méandres de ton souvenir, sans arriver à échapper aux Démons qui la tourmentent.

Ombres et Démons.
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# Posté le vendredi 14 septembre 2007 16:05
Modifié le lundi 24 septembre 2007 11:47